Nous avons désiré un enfant,

Nous avons galéré,

Nous nous sommes coltinés toutes les étapes de l'amp,

Je suis "tombée" enceinte,

J'ai accouché,

Nous sommes devenus parents.

Level completed, you win!

J'ai réellement cette impression qu'on a gagné à la loterie, que tout le monde ne voit pas son numéro sortir et que nous sommes privilégiés.

Après, il parait qu'on oublie toutes ses galères quand son enfant est là. Pour ma part: C'EST FAUX. 1h avant qu'on me sorte Félicien du ventre, on chialait comme des madeleines avec ma moitié en se disant que vraiment la nature ne voulait pas qu'on ait d'enfant puisque jusqu'au bout, ça merdait (rapport au fait que non seulement mon corps ne voulait pas créer la vie mais qu'une fois enceinte, il n'arrivait pas à faire sortir le rosbif).

Je n'oublie rien de mon parcours. D'autant plus que je sais qu'il faudra y retourner si on souhaite un 2ème enfant (pour ma part, j'ai beau ne pas faire une nuit complète depuis bientôt 5 mois, j'en veux toujours 1000 des enfants!). Je chie sur l'infertilité et je maudis toujours les cas soc' qui font des gamins et qui ne s'en occupent pas ou mal.

D'un autre côté, je ne suis pas certaine que j'aurais autant apprécié la maternité si je ne me rendais pas compte de l'immense privilège que c'est d'avoir un enfant. Si ça avait été facile, peut-être que j'aurais été moins patiente avec mon fils, peut-être que j'aurais déjà arrêté l'allaitement, peut-être que j'aurais été moins câline et que j'aurais moins essayé de profiter de chaque instant.

Et puis je suis sereine. Je ne suis plus déprimée. Je peux également parler des grossesses des autres sans avoir la gorge qui se serre. Je me suis débarrassée d'un boulet, je me sens légère. J'imagine que tout peut revenir le jour où on n'arrivera pas à faire le 2ème mais pour l'instant je profite. Malgré plein de petits tracas, la vie est belle et je ne pouvais pas rêver d'un enfant plus parfait que mon petit décongelé.

Donc et après? Après tu découvres que tu peux aimer plus que ce que tu n'aimais déjà avant; tu comprends pourquoi on parle de "ressources inattendues" du corps humain (ou comment ton corps se met en mode survie et que t'es capable de t'occuper d'un nouveau né sans le blesser alors que tu ne dors et ne mange quasiment plus); tu n'es plus femme pendant quelques temps, tu es mère et ça rempli déjà tes journées; tu t'éloignes donc du papa et tu te rends compte que c'est de la folie de faire un enfant si ton couple n'est pas super solide à la base, et que même avec ça c'est pas gagné, c'est des putains d'efforts quotidiennement; tu scrutes toujours ta culotte genre "tiens c'est quoi comme glaires ça, c'est mon ovulation?" et tu te dis "eh mais peut-être que si j'ai pas de retour de couche, c'est parce que je suis enceinte" (ouai y a des trucs qui ne changent pas hein!); tu parles layette, mouche-bébé et diversification avec plein de gens; mais surtout tu hallucines régulièrement quand quelqu'un te dit "ton fils" ou "ton enfant", ah oui c'est vrai, je suis passée de l'autre côté du tunnel, c'est dingue!